Bac Français 2007

BAC    2007    R 802

 

 

Durée de l'épreuve : 4 Heures    Série ABCD

 

Le candidat doit traiter, au choix, l'un des trois sujets :

 

I – CONTRACTION DE TEXTE

 

TEXTE : VAINCRE LA RESISTANCE AU CHANGEMENT !

           

Les jours se suivent et, apparemment, se ressemblent. Au menu quotidien, les mêmes clichés de violence et de haine, des actions sociales et politiques contradictoires, inadaptées aux divers besoins communautaires et dépourvues de tous les fondamentaux. La scène universelle est le témoin visible d'un spectre effrayant qui ankylose la volonté, le désir et la motivation de tout un chacun. Partout, dans notre monde, des poches de résistance se développent. Elles sont omniprésentes et nous obligent à une adaptation comportementale forcée au monde des vivants.

L'heure est au changement. Il faut inventer le changement. Pour que les changements s'effectuent de façon harmonieuse, il est impératif d'incorporer aux aux infrastructures déjà existantes des valeurs sûres telles que la confiance, le respect, l'autonomie et le contrôle. Or, ne prenons-nous pas le risque d'accumuler des incorporations qui finiront pas alourdir ces infrastructures ?  

Comment rendre obsolètes ou abolir certaines infrastructures pour les remplacer par de nouvelles ? L'accumulation de schèmes, n'est-ce pas un risque d'implosion pour demain ?

Evidemment, le changement n'est possible qu'en étant accompagné d'un changement véritable de nos modes de pensée et de raisonnement. Le changement induit une modification profonde de nos perceptions, de nos idées, l'abandon total de nos croyances limitantes. Or, croire le changement impossible c'est aussi croire difficile le changement de l'expression d'une nouvelle identité personnelle. L'heure est à l'innovation et il est également temps d'investir dans des nouveaux schémas de la pensée créatrice. Néanmoins, il est surtout contradictoire d'investir son temps, son énergie, sa force et sa pensée dans les gigantesques développements techniques et ne pas pouvoir adapter une pensée plus juste qui soit le reflet de notre individualité extériorisante et manifestée par ses grandes réalisations. Tout notre environnement est, avant tout, le fruit du penser. Cette pensée, a-t-elle une âme, une rationalité ? La création d'un nouvel espace de vie à l'intérieur duquel les élémentaux sont en interaction les uns avec les autres constitue un autre défi à la logique de notre foi contemporaine. Par ailleurs, il va de soi que le désir de changement provoque, inéluctablement, la réactivité de nos soldats émotionnels, puisque chacun contribuera, d'une manière ou d'une autre, avec son passé (parfois non cicatrisé) et son histoire (pas toujours réglée) à l'édification de structures humaines et sociales tout aussi instables. Puisque l'homme est généralement blessé dans son estime personnelle, il lui est bien souvent difficile de penser convenablement les nouvelles règles qui régiront, dès lors, cet espace vital de vie.

            Le vrai changement social s'accompagne d'un vrai changement personnel. Il est intéressant de noter que les gouvernés cherchent toujours à modifier leur environnement pour le rendre plus conforme à leurs désirs et réduire, ainsi, leurs sentiments d'anxiété. Par l'accommodation, au contraire, le gouverné tendrait à se «modifier» (non pas changer) sous la pression de son dirigeant pour répondre aux pressions et aux contraintes de son environnement. Toutefois, la socialisation de l'être humain n'est pas un mécanisme à sens unique. Si l'individu est fortement imprégné des valeurs de la société avec laquelle il est en interaction permanente, naturellement, il fait l'apprentissage de normes et de règles, et de ce fait, peut se remettre en question et le rôle qu'il entend jouer dans cette société prend toute sa véritable signification Ainsi, devient–il capable de s'adapter à des situations très différentes les unes des autres. De la même manière, il pourra interpréter les valeurs, plutôt qu'il ne les apprend, et les faire évoluer en provoquant un réel changement social. A travers ce panorama, nous assistons à la modification fondamentale des normes et des valeurs dans une société donnée. Inévitablement, toute socialisation objective est le résultat de deux évolutions différentes : l'assimilation et l'accommodation. Dans la volonté de vaincre tous les facteurs de résistance au changement, l'assimilation renvoie à l'action du gouverné et consiste à incorporer de nouveaux principes aux patterns comportementaux déjà existants. Quant aux mécanismes de l'accommodation, ils ont pour effet de modifier les comportements existants pour qu'ils puissent être adaptés aux exigences de la situation.

 

                                                                                                                          Rodny DANIEL,

                                                                          Cultures contemporaines – Décembre 2006,

                                                                                                                                         Page 10.   

 

 

 

Consignes

 

I – Résumé

            Ce texte comporte 670 mots. Résumez-le au quart de son volume, soit 168 mots. Une marge de b10 % en plus ou en moins est tolérée. Précisez, à la fin du résumé, le nombre exact de mots utilisés.

 

II – Vocabulaire

            Expliquez selon le contexte les expressions suivantes :

-         Spectre effrayant ;

-         Estime personnelle.

 

III – Discussion

            Rodny Daniel affirme dans le texte :

 

            «Le changement n'est possible qu'en étant accompagné d'un changement véritable de nos modes de pensée et de raisonnement. Le changement induit une modification profonde de nos perceptions, de nos idées, l'abandon total de nos croyance1s limitantes. »   

 

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ii – COMMENTAIRE COMPOSE

 

texte :

                                               Mais combien d'élus ont invoqué l'esprit

                                               des ancêtres au seuil de leur mandat,

                                               combien ont accompli

                                               sur le pas de la nouvelle demeure,

                                               l'offrande artificielle

                                               qui l'eut maintenue hors d'atteinte

                                               des cauchemars telluriques ?

                                               Combien de gros poissons se soucient

                                               des divinités dans les aquariums de luxe 

                                               où les transgressions sont monnaie courante ?

                                               Les hommes ne savent plus implorer

                                               le secours des dieux

                                               qui réparent souvent les dégâts de leur folie.

                                               Et toutes ces violences dans nos cités,

                                               ces vies humaines humiliées, écrasées

                                               par les armes des forts 

                                               qui ne mettent pas l'homme en gloire,

ces grimaces de prédateurs

sur les actes posés

qui tombent en cendres nulles,

ne sont rien d'autre que la rançon sauvage

d'une évolution peu soucieuse d'intégrer

en sa chair de noirs desseins

les ingrédients de notre foi première.

 

Paulin JOACHIM

     Oraison pour une re-naissance

     Paris, Silex, 1984, p.21.

 

 

CONSIGNE :

 

            Vous ferez de ce texte un commentaire composé que vous organiserez à votre gré.

            Vous pourrez par exemple, montrer par quels procédés le poète parvient à nous sensibiliser sur la nécessité d'une foi profonde dans ce monde en pleine évolution.

 

 

 

 

III – DISSERTATION

 

            S'interrogeant sur la réception des livres et de la musique par le public en Afrique, Mukala Kadima-Nzuji écrit :

 

            « Comment expliquer la primauté de la musique, en l'occurrence la chanson de variété, sur la littérature écrite alors que les deux arts s'élaborent et s'actualisent dans le même contexte de modernité ?»

                                                           (Notre Librairie, n° 154, avril-juin 2004, p.16.)

 

            Quelles réflexions suscite en vous cette interrogation ?

 

 

 

 

 

- FIN -



Article ajouté le 2008-05-01 , consulté 14 fois

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